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Banque CIBC : Année terne pour l'économie canadienne en 2012, mais la récession est évitable

Les rigueurs budgétaires mettant à mal la croissance mondiale, les taux d'intérêt resteront faibles jusqu'en 2013

TORONTO, le 8 déc. 2011 /CNW/ - Le Canada sentira les effets d'un ralentissement de l'économie mondiale en 2012, mais il peut éviter la récession puisque la faiblesse des taux d'intérêt permet aux entreprises d'investir et qu'une inflation relativement contenue donne plus de pouvoir d'achat aux consommateurs, peut-on lire dans un nouveau rapport de Marchés mondiaux CIBC inc.

« Puisque son économie est ouverte, le Canada ne peut que sentir la déception qui s'empare d'un monde qui ne progresse qu'à vitesse réduite », remarque Avery Shenfeld, économiste en chef à la Banque CIBC, dans une nouvelle prévision économique. « Sauf l'Europe, nous ne nous dirigeons pas vers une récession, mais la croissance mondiale n'atteindra que 3 % l'an prochain, et 2013 ne sera pas beaucoup mieux, bien en dessous de la vigoureuse croissance de 5 % d'avant la récession. »

C'est la croissance des premiers pays européens ayant dû contrer leurs déficits budgétaires par des hausses d'impôt ou la réduction des dépenses qui en a pâti », note M. Shenfeld. Ce malaise s'étend à d'autres pays européens, dit-il, et ses répercussions se feront sentir en Amérique du Nord avec la fin des mesures incitatives gouvernementales.

Même une croissance mondiale à 3 % dépend de l'adoption, par l'Europe, de mesures musclées pour que son repli ne s'aggrave pas, dit-il. Parmi les autres risques que court la croissance, notons les compressions budgétaires aux États-Unis si celles-ci sont « trop profondes et trop hâtives » et la capacité de la Chine à gérer son ralentissement pour réussir un atterrissage en douceur.

Au Canada, M. Shenfeld affirme que la croissance, à quelque 2 % au cours des deux prochaines années, sera moins percutante qu'auparavant. Le taux de chômage devrait donc continuer à osciller autour des niveaux actuels, et l'économie canadienne devrait encore compter sur la faiblesse des taux d'intérêt pendant longtemps. « 2012 devrait être une année terne pour l'économie canadienne. Bien que la Banque du Canada eût annoncé plus tôt que les taux augmenteraient en 2011, il semble peu probable qu'un nouveau cycle de resserrement soit requis avant 2014, puisque l'économie a encore besoin de taux exceptionnellement faibles pour continuer à respirer. »

En plus de la faiblesse des taux d'intérêt, les dépenses des entreprises, particulièrement dans les domaines de la construction et de l'équipement, devraient protéger le Canada contre les risques d'une récession. « Les dépenses dans les secteurs de l'énergie, des alumineries, des chantiers navals et dans d'autres mégaprojets du secteur privé représenteront au moins un certain contrepoids à la diminution des dépenses en capitalisation du secteur public avec la cessation progressive des mesures incitatives contre la récession. »

Entretemps, les Canadiens devraient faire fi l'an prochain des difficultés économiques en ce qui a trait aux dépenses à la consommation, alors que la faiblesse des taux d'intérêt entraînera une diminution de l'épargne et que l'inflation s'alignera un peu plus sur la faible croissance des revenus, explique M. Shenfeld. Comme les ménages canadiens hésitent à augmenter leur dette, ceux-ci augmenteront leurs dépenses en puisant dans leurs épargnes plutôt qu'en ayant recours au crédit, poursuit-il. Ces facteurs « devraient faire progresser la consommation à un rythme modéré de 1,9 % en dollars constants en 2012. »

L'avenir incertain des conditions mondiales devrait aussi influer sur les sentiments à l'égard du dollar canadien, dont la valeur est dépendante des ressources, poursuit M. Shenfeld, ce qui créera les conditions d'« une glissade encore plus accentuée du huard au cours des prochains mois, jusqu'à ce que les crises en cours en Europe soient contenues. » Il prévoit que le huard ne vaudrait plus que 92 cents américains d'ici le début de l'été. Un dollar moins fort donnera un répit aux exportateurs canadiens, bien que M. Shenfeld note qu'ils devraient se préparer à un retour à la parité d'ici la fin de l'année, puisque les craintes relatives à une crise mondiale s'amoindriront.

Pour ce qui est de l'immobilier canadien, la stagnation de l'économie conduira probablement à une stabilisation du prix des maisons au cours des deux prochaines années, affirme Benjamin Tal, économiste en chef adjoint. « À plus long terme, le scénario le plus plausible voudrait que d'éventuelles augmentations des taux conduisent à un modeste repli des prix, de l'ordre de 10 à 15 %. »

« Une stabilisation du prix des maisons, plus ou moins au cours de la prochaine année, est une condition essentielle pour un scénario d'emprunts aussi avantageux », ajoute M. Tal. Cette stabilisation pavera la voie à un marché immobilier plus sain d'ici quelques années puisque les indicateurs de base du marché rattraperont probablement les prix.

Dans une prévision publiée aussi cette semaine, Warren Lovely, stratège, questions gouvernementales, affirme que les difficultés entraînées par une croissance en berne ne seront pas également partagées dans l'ensemble du Canada. « Les disparités régionales pour ce qui est du rendement économique et fiscal font partie depuis longtemps de la scène provinciale, et la prochaine année ne devrait pas faire exception. Propulsées par de solides investissements et par la confiance des consommateurs, ce sont les provinces canadiennes riches en ressources qui ont enregistré la croissance la plus rapide en 2011, et nous prévoyons que l'Alberta et la Saskatchewan conserveront l'an prochain la tête de tous les classements sur la croissance provinciale. »

Entretemps, l'Ontario et le Québec devraient afficher une croissance inférieure à 2 % en 2012 étant donné l'interdépendance de leur économie avec celle des États-Unis.

Bien que l'économie canadienne ne semble pas infaillible en 2012, elle est tout de même en meilleure position que la plupart des autres économies sur le plan des emplois et aussi du marché de l'habitation, des ressources naturelles, de la confiance des entreprises, de la solidité de son système bancaire et des données démographiques, rapporte M. Lovely. Des indicateurs économiques nationaux relativement solides continueront d'attirer les investisseurs internationaux au Canada, ce qui permettra aux gouvernements de financer plus économiquement leurs programmes d'emprunt. « Comme les rangs des pays cotés AAA se dégarnissent, que la confiance du marché en une solution européenne est hésitante avec raison et que la mésentente politique est à l'ordre du jour à Washington, le Canada devrait continuer à se démarquer pour toutes les bonnes raisons. L'on peut s'attendre, au cours de la prochaine année, à ce que les capitaux internationaux affluent au Canada. »

Des exemplaires des rapports mentionnés dans ce communiqué sont disponibles ici :

  • Prévisions : Seven Lean Years (en anglais seulement)
  • Perspectives économiques : The Fiscal Squeeze (en anglais seulement)
  • Canada : Better Positioned, Hardly Infallible (en anglais seulement)
  • Marché canadien de l'habitation : Behind The Headlines (en anglais seulement)

Le secteur des services bancaires de gros de la Banque CIBC offre une gamme complète de produits de crédit intégré et de marchés des capitaux, de services bancaires d'investissement et de services de banque d'affaires à des clients des marchés financiers clés en Amérique du Nord et partout dans le monde. Nous proposons également des solutions novatrices et des services consultatifs dans un vaste éventail de secteurs et nous fournissons des études de premier ordre à notre clientèle constituée de sociétés, de gouvernements et d'institutions.


Pour plus de renseignements: Renseignements :

Avery Shenfeld, économiste en chef, Marchés mondiaux CIBC inc., au 416 594-7356, avery.shenfeld@cibc.ca; Benjamin Tal, économiste en chef adjoint, Marchés mondiaux CIBC inc., au 416 956-3698, benjamin.tal@cibc.ca; Warren Lovely, stratège, questions gouvernementales, au 416 594-8041, warren.lovely@cibc.ca; ou Tom Wallis, Communications et affaires publiques, au 416 980-4048, tom.wallis@cibc.ca.

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